Dessin de Lilou et Louis été 2016

La part du Colibri:

La terre, être silencieux dont nous sommes l'une des expressions vivantes, recéle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus: la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui relient aux évidences. Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées...

M'appuyant sur ce credo, je propose de poser quelques-unes des questions qui me tourmentent depuis plus de quarantes ans.

Comment se fait-il que l'humanité, en dépit de ressources planétaires suffisantes et de ses prouesses technologiques sans précédent, ne parvienne pas à faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s'abriter, se soigner et développer les potentialités nécessaires à son accomplissement?

Comment se fait-il que la moitié du genre humain, constituée par le monde féminin, soit toujours subordonnée à l'arbitraire masculin outrancier et violent?

Comment se fait-il que le monde animal, à savoir les créatures compagnes de notre destin et auxquelles nous devons même notre propre survie à travers l'histoire, soit ravalé dans notre société d'hyperconsommation à des masses ou à des fabriques de protéines? Comment les mammifères bipèdes, auxquelles j'appartiens, ont-ils pu se croire le droit d'exercer d'innombrables exactions sur le monde animal, domestique ou sauvage?

Comment se fait-il que nous n' ayons pas pris conscience de la valeur inestimable de notre petite planète, seule oasis de vie au sein d'un desert sidéral infini, et que nous cessions de la pillier, de la polluer, de la détruire aveuglément au lieu d'en prendre soin et d'y construire la paix et la concorde entre les peuples?

Ces questions qui demeurent à ce jour sans réponses mettent en évidence la faillite de notre conscience et l'obscurentisme dans lequel nous évoluons en dépit de nos connaissances. Nous restons enlisés dans un profond et immense malentendu. Et je me demande si nous ne confondons pas nos aptitudes, qui nous permettent tant de performances pour le meilleur et pour le pire, avec l'intéligence qui devrait éclairer nos actes et nous aider à construire un monde différent...

Ces constats obligent à se demander si l'humanité est encore en mesure d'orienter son destin vers l'indispensable humanisation, à savoir la construction du monde avec ce qu'elle a de meilleur afin d'éviter le désastre du pire. Cette question se pose à la conscience de chacun d'entre nous. Et en dehors des grandes décisions politiques que les Etats doivent prendre et pour lesquelles nous devons militer, il nous appartient également à titre individuel de faire tout ce que nous pouvons dans notre sphère privée et intime, comme nous l'enseigne la légende amérindienne du colibri, appelé parfois "l'oiseau-mouche", ami des fleurs...

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit: "Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? "

" Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. "

Telle est notre responsabilité à l'égard du monde car nous ne sommes pas totalement impuissants si nous le décidons.

Aujourd'hui, l'ensemble de la société planétaire est en crise _ sociale, économique et écologique - avec des risques de changement climatique et d'effets écologiques prévisibles et imprévisibles. L'épuisement à terme des ressources énergétiques fossiles, associé à une demande qui s'accroît sans cesse, constitue une menace de conflits sans précédent en même temps que le grippage de la civilisation de la combustion. Le modèle de développement qui a prévalu durant les deux derniers siècles se révèle totalement inadéquat pour les critères élémentaires de la pérennité que la nature et l'écologie nous donnent en exemple.

Pierre Rabhi

(L'espèce humaine face à son devenir)

Grosse fatigue

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